Chapitre 2 ... >3<

-----21 juillet, la famille Ravalona au complet prit place dans un petit avion à destination de Djerba, une petite ville sur la côte tunisienne, pour passer trois semaines dans un superbe club de vacances...

-----Amélie était restée quatre jours à Paris avant de s'envoler vers la Tunisie et elle les avait passés à faire les magasins avec sa maman. Un point commun indéniable entre la mère et la fille : l'amour du shopping ! Elles n'avaient eu véritablement que deux jours d'errance à travers les allées de boutiques parisiennes mais ça leur avait largement suffit pour se refaire une garde robe ! Le premier jour, c'est-à-dire après l'atterrissage, elles l'avaient passé à dormir : les douze heures de vol les avaient épuisées. Le deuxième jour, shopping à la Défense à la recherche du maillot de bain idéal pour être vues de tous sur la plage ! Troisième jour, déambulage dans les galeries La Fayette afin de faire le plein du nécessaire à la survie de toute femme qui se respecte, à savoir miroir de poche, brosse de poche, crème solaire, lunettes de soleil, et paréos, pour être éclatante le jour et maquillage, pour être piquante la nuit... Et quatrième jour, opération « redonner un semblant de vie à l'appart d'Enzo » qui en seulement trois jours de squattage ressemblait à un champ de bataille !

***

-----Et les voila qui atterrissent, quelques heures plus tard, dans le petit aéroport de Djerba. Un car les emmena jusqu'au club et Amélie profita des deux heures de trajet pour dormir un peu. Elle sommeillait paisiblement, bercée par les mouvements du véhicule quand des exclamations lui firent ouvrir les yeux. Elle se tourna vers l'enfant assit dans la rangée d'à côté. Le petit bonhomme poussait des « Oh » et des « Ah » admiratifs en pointant le ciel de ses doigts minuscules. Amélie observa le ciel de sa fenêtre et fut elle aussi fascinée par le spectacle ; le soleil se couchait dans un dégradé de jaune orangé et éclairait encore quelques parcelles de terres de ses rayons dorés...

-----Le car roulait sur une route qui traversait de grandes plaines de terre asséchées par la chaleur et parsemées ça et là d'arbres presque nus. Il y avait quelques maisons peintes exclusivement de bleu et de blanc, ce qui leur donnait un aspect calme et apaisant...Puis le décor si doux de la nature changea et devint celui d'une ville comme tant d'autres. Des néons de restaurants, de boîtes de nuits, de casinos, et d'hôtels brillaient de toutes parts. Enfin, le car franchit un grand portail bleu portant l'enseigne La Rose des Sables. Ils étaient arrivés...

# Posté le dimanche 07 mai 2006 11:57

Modifié le jeudi 10 août 2006 04:10

Chapitre 2 ... >4<

-----Allongée sur son petit lit de camp, dans la chambre qu'elle partageait avec Enzo, Amélie poussa un petit soupir. Elle entendait la respiration lente et régulière de son frère qui dormait à quelques mètres d'elle. Au loin, elle entendait de la musique ; sûrement celle de la boîte de nuit du club. Enzo avait parié quelques heures plus tôt que malgré la longue journée de voyage qu'ils venaient de passer, il serait toujours d'attaque pour aller au night club qui n'ouvrait qu'à minuit ; et Amélie avait rigolé intérieurement en le voyant s'endormir dès vingt et une heure trente ! Elle aussi était fatiguée mais comme à son habitude, elle avait du mal à trouver le sommeil... Elle n'avait pas passé une soirée très attrayante et commençait déjà à s'ennuyer...

-----Une fois descendue du car, elle avait assisté au long et rébarbatif discours de bienvenue du chef de village puis on lui avait offert un cocktail immonde qu'elle s'était forcée de boire avec le sourire comme les autres arrivants. Ensuite tous avaient été conduits à leur bungalow où les attendait leurs valises. Ben avait loué deux chambres : une pour lui et sa femme, l'autre pour ses enfants. Amélie et Enzo avaient découvert avec horreur que la chambre contenait un lit double et un petit lit de camp. La bataille de la possession du grand lit avait été rude mais c'est Enzo qui l'avait emporté. En contrepartie il avait promis à sa s½ur de ne ramener aucune de ses futures conquêtes lorsqu'elle serait là et de ne rien dire aux parents même si elle rentrait à trois heure du matin ; mais tout ceci en contrepartie de contrepartie qu'elle ne poserait aucune question... Jamais... Ils avaient scellé leur pacte d'une poignée de main, puis un nouvel affrontement les avait opposés pour savoir qui se doucherait en premier. En bon joueur, Enzo avait laissé Amélie gagner cette manche. La jeune fille avait prit une longue douche tiède, lavé ses cheveux qu'elle avait ensuite attaché en queue de cheval haute puis s'était glissée dans un pantalon de lin blanc et un débardeur rouge. Pendant qu'Enzo faisait sa toilette, elle avait rangé ses vêtements dans la petite armoire. Quand il fut prêt, tous deux avait rejoint leurs parents pour dîner au restaurant du club. Amélie s'était sentie tout petite et insignifiante au milieu de la foule de gens qui se pressaient autour des buffets, de tous ces groupes d'amis qui s'étaient formés et ne se quittaient plus. Au visage rayonnant de tous les adolescents, la jeune fille devina qu'ils s'amusaient beaucoup.

-----Après le dîner, sa fatigue l'avait conduit directement à son lit. Elle avait entendu Enzo se glisser sous ses draps un peu après elle et voila une heure qu'elle se retournait d'un côté à l'autre se demandant très sérieusement comment allait se dérouler son séjour à la Rose des Sables. Elle avait beau chercher encore et encore, elle du admettre que la seule façon de passer des bonnes vacances était de mettre de côté ses rêves de galopades à cheval à la belle étoile et de se contenter de la multitude d'activités qu'offrait le club !

# Posté le dimanche 07 mai 2006 12:04

Modifié le jeudi 10 août 2006 04:11

Chapitre 3 ... >1<

-----Dans son bungalow baigné de lumière, Amélie fut réveillée par les ronchonnements d'Enzo qui pestait contre lui-même d'avoir omis de tiré les rideaux en se couchant. La jeune fille ouvrit un ½il qu'elle referma aussitôt, éblouie par l'éclat du soleil qui perçait la fenêtre. Elle se retourna dans son lit, ouvrit à nouveaux les yeux, les deux cette fois, et vit son frère, qui continuait de bougonner, disparaître dans la salle de bain. Elle tendit le bras pour attraper sa montre sur la table de nuit mais son bras était trop court. Pas assez courageuse pour se lever, elle replongea sous sa couverture et tenta de se rendormir.

-----De son côté, Enzo tira la chasse d'eau et sauta dans la douche en chantonnant. Ignorant sa s½ur qui le sommait de faire moins de bruit, il alluma le jet d'eau à fond et chanta à tue tête un air de classique entendu la veille dans l'avion. L'eau fraîche ruisselait sur son corps musclé et de sa bouche s'échappaient des notes plus fausses les unes que les autres.

-----Amélie enfouit sa tête sous son oreiller mais commença vite à étouffer. Puis Enzo sortit de la salle de bain, drapé d'une serviette éponge qu'il avait noué à sa taille. Sur son torse nu dégoulinait encore une multitude de petites gouttes d'eau. Il passa sa main dans ses cheveux et au même moment, se prit l'oreiller d'Amélie en pleine tête.
-----− Tu vas la fermer oui ! grogna la jeune fille en se retournant à nouveau dans son lit.
-----− Toujours aussi agréable le matin, à c'que j'vois ! répondit Enzo, une pointe d'ironie dans la voix.

-----Il se mit à farfouiller bruyamment dans sa valise, −lui n'avait pas encore rangé ses affaires dans la moitié d'armoire que lui avait laissé Amélie − puis il s'habilla et se coiffa en sifflotant et enfin entreprit le déballage de sa valise, en faisant le maximum de bruit, bien évidemment !

-----Amélie n'y tenant plus se leva comme une furie et fusilla son frère du regard. Celui-ci la regarda entrer dans la salle de bain et en claquer la porte le sourire aux lèvres.

-----Durant le peu, très peu de temps qu'ils passaient ensemble, Enzo s'amusait à faire enrager Amélie ; c'était sa façon de montrer qu'il regrettait de n'avoir pas su profiter de sa petite s½ur tant qu'elle était près de lui ; mais ça, Amélie n'en avait rien compris...




==> - Les filles de manga ont toujours les cheveux lisses or Amélie les a bouclés! don't forget ;)

- Il y aura souvent un décalage entre les images et le texte dans le sens qu'elles ne seront pas exactement en harmonie (ex les cheveux, sur les photos) mais je vous ferais toujour part du petit détail qui m'a fait mètre cette image

- Le petit détail en question sur cette photo, c'est le petit lit et la lumière.
Chapitre 3 ... >1<

# Posté le dimanche 07 mai 2006 12:08

Modifié le lundi 23 juillet 2007 16:11

Chapitre 3 ... >2<

-----Voila plus d'un quart d'heure qu'Amélie était enfermée dans la salle de bain. Enzo, assis sur son lit, le dos calé par deux coussins, relisait pour la septième fois la brochure du club et commençait sérieusement à s'impatienter. Il s'approcha de la salle de bain, frappa trois petits coups et demanda d'une voix mielleuse :
-----− Bon moustique, tu es prête ou faut-il que je vienne te chercher par la peau des fesses ?
-----« Moustique » ; ce surnom idiot que donnait Enzo à sa s½ur chaque fois qu'ils se voyaient. Voila six mois que la jeune fille n'en avait pas été gratifiée et bizarrement ça ne lui manquait pas !

-----Au moment où Enzo allait tambouriné à la porte avec la délicatesse qui le caractérise, Amélie ouvrit et dit en souriant de toutes ses dents :
-----− Je suis prête à aller petit-déjeuner, tu m'accompagnes ?
Elle avait passé un petit short en jean et un dos-nu blanc par-dessus son maillot de bain rose fleuri ; elle se glissa dans ses tongs bleues jean et sortit du bungalow suivie de son frère.

-----Sur le chemin qui les menait au restaurant, ils découvrirent le club tel qu'il était vraiment : superbe. Il ne ressemblait en rien à ce qu'ils avaient traversé à la hâte la veille. Les allées dallées bordées de sable, de fleurs et d'arbustes zigzaguaient entre les bungalows, de petites bâtisses peintes à la traditionnelle, en bleu et blanc. La plupart des chemins menaient à l'immense piscine principale entourée de transats et de parasols. Aux alentours se trouvaient, le restaurant, le bar, le stand de glaces, celui de crêpes, la boutique de souvenirs, la boîte de nuit « Crazy Camel » et derrière cette dernière, un amphithéâtre extérieur où avait lieu un spectacle chaque soir.

-----Arrivés au restaurant, Enzo abandonna Amélie pour se précipiter vers les buffets qui débordaient de viennoiseries, de différentes sortes de pain, de fruits en tous genres, de céréales, de confitures, d'aliments salés et de boissons diverses. Amélie, qui n'avait pas très faim, lui demanda de lui ramener un pain au chocolat et un verre de jus, et alla chercher une table libre parmi toutes celles qui commençaient à être occupées. Elle aperçut ses parents quelques mètres plus loin et décida de les rejoindre.
Lorsqu'ils étaient en vacances, Ben et Landy avaient une attitude bien différente de celle que leur fille leur connaissait. Calmes et détendus, ils redevenaient le couple d'amoureux qu'ils étaient à leur vingt ans ; se faisaient les yeux doux, se titillaient, se faisaient du pied, rigolaient de tout et n'importe quoi. Le genre de comportement qui ne plaisait pas du tout aux enfants.

-----Amélie s'assit lourdement sur une chaise à côté de sa mère et lança :
-----− Quitte à vous papouiller, éviter de le faire en public : c'est vraiment dégoûtant !
-----Ben et Landy sourirent sans se quitter des yeux : ils avaient l'habitude des réflexions d'Amélie et ne s'en souciaient plus.
-----− Alors ma chérie, reprit Landy, que comptes tu faire aujourd'hui ?
-----− M'ennuyer probablement !
-----Amélie était boudeuse.
-----− Tu devrais t'inscrire au club Junior, renchérit Ben, c'est ouvert aux 14-18ans, tu pourrais t'y faire pleins d'amis et en plus ils organisent des activités très sympas !
-----− Heu... Faire du roller avec des protections jusqu'aux fesses autour de pots de yaourts, très peu pour moi !

-----La conversation s'arrêta là ; Enzo venaient d'arriver les bras chargés de nourriture. Il lança un joyeux « Bonjour tout le monde ! » et déposa le tout sur la table. Chacun se servit de ce qu'il voulait et la conversation dévia comme chaque année sur la confiance et la liberté que Landy et Ben accordaient à Amélie, qu'elle ne devait pas en abuser, etc...

-----Puis Ben et Landy abandonnèrent Amélie avec Enzo pour aller se dorer la pilule sur la plage. La jeune fille sirotait son jus de fruit en silence. C'est Enzo qui brisa la glace en demandant :
-----− Alors, t'as prévu de faire quoi aujourd'hui ?
-----Amélie avala d'une traite le fond de son verre avant de répondre :
-----− Je fais c'que j'veux ! J'suis en vacances !
-----Et à ces mots elle se leva et quitta le restaurant contente d'avoir rendu la monnaie de sa pièce à son frère qui l'avait réveillé en fanfare un peu plus tôt.

# Posté le dimanche 07 mai 2006 12:27

Modifié le jeudi 10 août 2006 04:14

Chapitre 3 ... >3<

-----Amélie se promenait dans les allées du club en laissant son esprit vagabonder à sa guise. Elle arriva, au détour d'un chemin, devant le mini club. Elle s'approcha et aperçut quelques enfants qui barbotaient dans la piscine, certains faisaient des dessins, d'autres des colliers de perles... Et puis son regard se posa sur le tableau d'activités de chaque tranche d'âge prévues pour la journée. Pour les Juniors, il y avait planche à voile à la plage derrière le mini club à neuf heure et demi, match de waterpolo contre les adultes dans la piscine principale à seize heure, et atelier hip-hop à dix sept heure dans la salle à côté de l'amphithéâtre.

-----La séance de planche à voile commençait dans quinze minutes mais Amélie n'était pas sûre de vouloir y aller. Bien que très sportive, elle ne tenait pas à se ridiculiser devant une poignée d'adolescents de son âge sous prétexte qu'elle ne savait absolument pas magner une planche à voile. Mais elle n'allait tout de même pas passer ses vacances à ne rien faire sous prétexte que. Alors elle se prit par la main, contourna le mini club et se dirigea vers la plage.

-----Une trentaine d'adolescents étaient amassés sur le sable autour des planches à voile. Amélie se présenta au moniteur qui nota son nom et son âge sur une liste et lui enfila un affreux gilet de sauvetage orange fluo. Elle avait l'air d'une parfaite idiote, surtout qu'elle était la seule à l'avoir déjà ajusté. Quelques minutes plus tard, tous les autres furent invités à revêtir l'immonde gilet orange et le moniteur leur donna les conseils d'utilisation de la planche à voile.
-----− Je vous préviens tout de suite, expliqua Eric d'une voix grave et forte, pour ceux qui n'ont jamais fait de windsurf, il faut vous attendre à tomber dans l'eau une dizaine de fois avant de trouver l'équilibre debout sur la planche, puis une vingtaine de fois avant de réussir à soulever votre mat et saisir votre wishbone et si vous réussissez à parcourir quelques mètre comme un pro après moins de quarante essais, je vous tirerai mon chapeau, enfin mon bob en l'occurrence !
-----Quelques rires fusèrent dans l'assemblée.
-----− Donc en gros, reprit Eric, le principe du windsurf est de naviguer porté par le vent et dirigé par sa voile. Pour arriver à cela il y a plusieurs tâches, et pas des moindres, à accomplir. En premier lieu, se placer avec sa planche dos au vent, ce qui ne sera pas évident pour tout le monde...
-----Il sourit et continua.
----- − Ensuite il vous faudra grimper sur votre planche et tenir debout dessus, attraper la corde en vous penchant légèrement en arrière afin de remonter le mat avec le poids de votre corps, et enfin, saisir le wishbone pour, à l'aide du vent, guider votre planche à votre guise. Bon bah voila le principal à savoir, je vous laisse tester par vous-même toutes les tactiques imaginables pour redresser votre voile, la mienne restant évidemment la plus efficace ! Pas de questions ? Non ! Alors tous à la flotte !

-----À ces mots, tous les adolescents se jetèrent sur les planches étalées sur le sable, mais tous furent surpris du poids qu'elles pesaient ! Les garçons les plus costauds réussirent à porter les leurs quant aux autres, filles comme garçons, choisirent de les traîner sur le sable.

-----Amélie avait traversé les trois quarts de la plage mais commençait à fatiguer. Elle leva les yeux vers la mer, essuya une goutte de sueur qui perlait sur son front et surprit un étrange regard posé sur elle...

-----Il était déjà dans l'eau, à une dizaine de mètre d'elle et la fixait avec insistance. Amélie ne s'étonnait pas qu'il la regarde, elle avait l'habitude à Madagascar où les gens dans la rue sont plus qu'entreprenant, mais ce qui l'étonnait, c'était cette sensation bizarre de déjà vu, comme si elle connaissait ce garçon... Pourtant il ne ressemblait à personne de son lycée. Il n'était pas métis mais sa peau était bronzée, il devait être là depuis un bon moment. Ses cheveux noirs charbon, déjà mouillés et salés, étaient ramenés en arrière et parsemés de gouttelettes d'eau qui brillaient au soleil. Amélie était trop loin de lui pour distinguer tous les traits de son visage mais elle les devina fins et ne lui donnait pas plus de dix sept ans. Il ne ressemblait vraiment à personne de sa connaissance et pourtant elle avait la drôle mais tenace impression de le connaître. En pleine interrogation, elle n'entendit pas le moniteur s'approcher et soulever l'arrière de sa planche. Sentant soudain sa charge plus légère, elle se retourna et Eric lui dit dans un sourire malicieux :
----- − Si tu sais pas nager princesse, je t'apprendrai.
-----Elle lui rendit son sourire et reprit sa marche vers la mer...

# Posté le dimanche 07 mai 2006 12:32

Modifié le jeudi 10 août 2006 04:15